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Notices bibliographiques

Ethique sexuelle et familiale

Olivier BONNEWIJN, 2006

Emmanuel
330 p. 15,80 €.

L'auteur, prêtre, docteur en théologie et professeur d'éthique, après avoir brossé en une quarantaine de pages un tableau de l'évolution biblique de la notion d'alliance, aborde de front et sans détour, mais avec une approche pastorale empreinte de compassion pour les personnes, les questions éthiques sexuelles et familiales essentielles : dissoiciation sexualité/amour/fécondité/mariage ; célibat consacré ; chasteté ; continence périodique des époux ; homosexualité ; déssordres sexuels et dépendances (notamment pornographique) ; masturbation ; cheminement éthique et gradualité ; avortement ; fécondation in-vitro ; pédophilie.
Ce livre n'est pas un ouvrage de vulgarisation ; il s'adresse plutôt à des personnes averties engagées dans la pastorale familiale (prêtres - des conseils pour la confession sont donnés, éducateurs, parents particulièrement impliqués). Le niveau de vocabulaire, sans être celui de la théologie ou de la morale académique, y emprunte fréquemment et est assez élevé.
La grande qualité de ce document est de placer les exigences de la vie morale sous l'éclairage de l'anthropologie chrétienne. L'auteur insite notamment sur le fait que, chez l'homme, il n'y a pas de comportement "naturel" au sens animal du terme. L'homme est d'emblée et de manière inséparable corps et esprit, si bien que son comportement est d'emblée informé par l'esprit. Un comportement sexuel "naturel" est, chez l'homme, par constitution, un comportement où la pulsion est dirigée par la réflexion cognitive. Partant de ce constat, Olivier Bonnewijn parvient, au sommet de son ouvrage, à expliquer brillament, au plan fondamental, en quoi les unions charnelles limitées aux périodes non-fécondes sont radicalement tournées vers la vie (au contraire des méthodes contraceptives). C'est la première fois que nous rencontrons une explication convaincante sur ce problème. Une approche similaire est menée avec un brio comparable sur les questions de chasteté dans et hors mariage.

Accessoirement, on apprécie le questionnement (sans réponse) de l'auteur sur la pertinence d'une proposition sexuelle chrétienne dans des situation de désordres moraux objectivement avancés (prostitution, concubinage, partenaires sexuels multiples, etc). Olivier Bonnewijl semble rejoindre l'idée selon laquelle il existe des situation tellement éloignée de la proposition chrétienne de la conjugalité que des valeurs telles que la chasteté ou le respect de la finalité des actes sexuels n'ont plus de place objective et où, par conséquent, la parole de l'église n'a plus d'objet. Non pas que le silence de l'église soit alors un acquiescement explicite, mais plutôt le signe d'une impossibilité de dialoguer avant que les fondements du dialogue soient rétablis. Nous rejoignons assez cette idée qu'il est des situations où le il est préférable d'attendre le retour du fils prodigue ou se déplacer sur d'autres plans plus généraux. Pour prendre une analogie, il n'est pas du ressort du chrétien de discuter avec un meurtrier du choix des armes, mais de l'inviter à renonce rà son projet criminel.

Les autres sujets (avortement, production d'embryons, homosexualité) sont traités de manière toujours intéressante mais moins approfondie à notre avis.

"Ethique sexuelle et familiale" est un livre que nous recommandons vivement.
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