|
|
|
|||||||||||
Choisir sa contraception |
|
Henri ROZENBAUM, 1992Flammarion148 p. 85 F. |
Choisir sa contraception ne donne pas dans la morale. Procédé « barrière », procédés anti-ovulatoires et procédés anti-nidatoires sont tous bons pour l’auteur, puisque « la contraception constitue un des progrès les plus importants de la civilisation ». L’intérêt d’un tel point de vue est la candeur avec laquelle l’auteur décrit le fonctionnement de ces « contraceptifs » ou les risques de l’avortement légal : « La contraception d’urgence […] empêche l’œuf de s’implanter dans la muqueuse utérine ; c’est aussi l’objectif de la pilule du lendemain ou du stérilet ». « Deux autres mécanismes, véritables verrous de sécurité, viennent compléter l’efficacité des pilules habituelles : - une atrophie plus ou moins marquée de la muqueuse utérine rendant difficile l’éventuelle implantation de l’œuf » « Les micropilules (…) n’inhibent pas l’ovulation » « [Un avortement par] aspiration ou un curetage, même bien faits, risquent de provoquer une synéchie, c’est-à-dire un accolement anormal des parois de la cavité utérine. Pour le reste, nous passerons sur les simplifications , les approximations et les contradictions internes (« La pilule est efficace à 100 % » puis, quelques pages plus loin « Nous ne disposons pas d’un procédé de contraception efficace à 100 % »). L’auteur ne tarit pas d’éloges pour ces « contraceptifs modernes » et répugne à citer les méthodes naturelles, commettant même l’erreur de confondre sous un même chapeau celles qui sont basées sur un calcul probabiliste (Ogino) et celles qui sont basées sur une observation non-probabiliste (température - la méthode Billings semble même inconnue du médecin - peut-on alors lui faire confiance pour le reste ?). Il cite sans complexe l’expérimentation de la pilule sur les porto-ricaines, sans s’offusquer de ce racisme médical flagrant,et sans préciser que les américaines ne furent jamais soumises aux doses colossales testées sur les porto-ricaines. D’aileurs, Rozenbaum finit son ouvrage par un petit couplet malthusien qui en dit long sur la manière dont il envisage de régler la question des pays sous-développés. Au passage on notera que l’auteur affirme que le préservatif offre contre le Sida une protection de 90 %, qu’il qualifie de « protection efficace », alors que les méthodes naturelles de régulation des naissances qui, toujours selon l’auteur, offriraient un risque d’échec de 12 % sont qualifiées d’aléatoires … Tyrannie du parti-pris, quand tu nous tiens... |
| Précédente - Fiche 532 - Suivante | |
© TransVIE - Tous droits réservés - Transvie • Nous contacter