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Margaret Sanger and the birth control movement in America |
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Ellen CHESLER, 1992Anchor Books633 p. $ 15 |
Ellen Chesler nous gratifie ici d’une biographie intéressante. Ecrit dans un style hagiographique, la vie déréglée de la plus célèbre des promoteurs du Birth control est exposé avec un rare luxe de détail - Ellen Chesler semblant penser que la multiplicité des infidélités et conquêtes sexuelles de Sanger réhausse l’aura posthume du personnage - un avis qu’on ne partagera pas forcement... Dans la logique hagiographique, l’idéologie eugéniste de Margaret Sanger est largement occulté, une poignée de pages seulement y étant consacrées (pp. 195, 196, 216 et 217), encore que ce soit pour l’en excuser et probablement par incapacité historique de le nier. Si à la page 216, l’auteur reconnait ainsi à Margaret Sanger des propos franchement eugenistes, et même son soutien inconditionnels aux programmes de stérilisation menés dans plusieurs Etats des Etats-Unis à l’époque, elle tente de les expliquer par la nécessité de s’allier aux milieux scientifiques de l’époque pour contrer l’opposition de l’Eglise catholique. Une explication qui ne satisfait pas vraiment le lecteur, si l’on considère le caractère non-isolé des propos racistes de Margaret Sanger. Une chose est de ne pas s’opposer aux courants idéologiques de son temps, une autre chose est de les propager et de les défendre de manière récurrente. En somme, le travail de Ellen Chesler pèche non par distorsion mais par omission. Le portrait hagiographique qui nous est rendu l’est par une tri soigneux des informations. L’intérêt de l’ouvrage, pour le mouvement pro-vie, réside donc dans le fourmillement d’informations (nominatives ou non) sur le mouvement du contrôle des naissance américain et international, informations véridiques mais simplement incomplètes. A titre d’exemple, l’auteur raconte avec d’intéressant détails les débuts de l’IPPF à Londres, mais «omet» un détail peut-être plus «gênant» que les autres, le fait que la nouvelle organisation s’implanta dans les locaux de la Société eugénique. Ou encore, l’abandon du stérilet aux Etats-Unis au milieu des années 70 est expliqué par des considérations médicales uniquement, l’auteur passant curieusement sous silence l’épisode du scandale du Dalkon Shield, un stérilet deffectueux qui, parce qu’il avait été interdit aux Etats-Unis, fut envoyé (en vrac sans emballages stériles !) dans les pays en voie de développement avec l’argent du contribuable américain et dans le cadre des programmes de contrôle des naissance dont Margaret Sanger se fit l’avocate. Finalement, l’eugénsime et le malthusianisme flagrant de Maragret Sanger étaient tels qu’ils transparaissent tout de même malgré le traitement sélectif de l’information auquel Ellen Chesler les soumet, mais c’est probablement parce que l’auteur semble chercher à ménager avant tout non pas Maragret Sanger, mais l’IPPF et la Fédération Américaine du Planning Familial. A près tout, des structures pratiquant chaque années plusieurs centaines de milliers d’avortements et de stérilisations temporaires ou permanentes de toutes sortes n’ont probablement pas peur de bafouer l’honneur d’un mort pour se dégager elles-même des soupçon qui pèsent sur leurs épaules... On notera une excellente bibiographie (plus de 300 références, en particulier celles des articles et ouvrages de Margaret Sanger), ainsi qu’un bon index des noms propres. |
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