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Ecoute voir... L’échographie de la grossesse. Les enjeux de la relation |
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Sous la direction de Michel SOULÉ, 1999Erès, CNAM, Starfilm356 p. 150 F. |
L’intrusion des moyens d’investigation médicaux dans le domaine de la grossesse a profondément modifié les relations entre mère, enfant, entourage et praticiens médicaux. Ecoute voir ... L’échographie de la grossesse : les enjeux de la relation en témoigne. Rassemblant (avec un Cd-Rom et quatre vidéos, vendus séparément pour un total de 3 000 F) des contributions d’auteurs variés (psychanalystes, pédiatres, écho graphistes) et des témoignages (sur les vidéos et le Cd-Rom), cet ouvrage “multimédia” au sens propre est avant tout destiné aux praticiens eux-mêmes, dans l’évolution de leur profession. Deux thèmes dominent l’ouvrage : - la modification de la perception - tant du foetus que de la parentalité - introduite par l’échographie ; - le supplément de difficulté qu’introduit l’usage eugéniste de l’échographie (la “chasse au handicapé”) - sans qu’aucun auteur ne semble remettre en cause, toutefois, cet usage eugéniste. La discussion sur le bien-fondé de l’eugénisme pré-natal nous semble regrettablement le grand tabou d’un ouvrage dont les auteurs nous paraissent “tourner autour du pot” pour expliquer de manière psychanalytique (et notablement freudienne) des désordres introduits en fait par le développement de l’interruption médicale de grossesse, considérée comme un acquis en soi indiscutablement bénéfique. Il nous semble que bon nombre des problèmes soulevés par les auteurs disparaîtraient d’eux-mêmes dans une société redevenant accueillante pour le handicapé. Resteraient alors les vraies questions soulevées par l’introduction de l’imagerie dans le processus de maturation parentale, seul sujet qui nous paraisse d’intérêt dans cet ouvrage. On notera accessoirement une contribution de François Sirol, psychiatre d’enfants, sur les réactions de haine du foetus que provoque chez certaines femmes la vue d’images prénatales. Nous soulignons de nouveau l’audace des éditions Erès dans la prise en charge de cette édition, en coproduction avec le Centre National des Arts et Métiers et Starfilm pour les parties multimédia. Quelles que soient les limites de cet ouvrage, il n’en constitue pas moins à la fois la preuve et l’espace nécessaire d’un débat bioéthique (au sens large). Celui-ci est réservé aux praticiens ou aux personnes introduites, mais nous avons déjà signalé l’existence de produits tous publics de la même veine, chez Erès. |
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