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Sexualité des adolescents. Stratégies d'éducation pour la santé. Synthèse de l'atelier CIE, Paris, 8-11juillet1991 |
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, 1992Centre International de l'Enfance108 p. 90 FF |
En juillet 1991 s'est tenu à Paris un symposium co-organisé par le Centre International de l'Enfance (CIE), La Fédération Internationale pour le Planning Familial (IPPF) et la Deutsche Gesellschaft für Technische Zusammenarbeit (Agence allemande pour la coopération technique), dans le but d’ "élaborer des stratégies propres à développer et à améliorer les services [d'éducation sexuelle et de contraception] destinés aux jeunes dans le monde entier". Concrètement, l'IPPF tient le rôle de leader dans ce symposium distillant au moyen d'exemples tirés de ses programmes inter-nationaux de propagande anti-conceptionnelle les bases d'une éducation sexuelle "dépourvue de préjugés" (p. 9) et de "dogmes" (p. 12). "Ce dont il s'agit, c'est bien davantage de les accompagner dans la phase de transition qui les mène à l'exercice d'une sexualité responsable et qui inclut l'assimilation des changements corporels et psychiques rapides, la maturation de l'identité sexuelle (s'assumer comme fille ou garçon) et la découverte de nouveaux modes de rapport aux autres (qu'il s'agisse des adultes ou des pairs, de même sexe ou de sexe opposé). Cet accompagnement doit se faire sur la base de l'écoute des besoins spécifiques des jeunes, en dehors de tout a-priori sur des supposées normes qui définiraient leur comportement sexuel (âge du premier rapport, fréquence des rapports, nombre de partenaires, ...)" (p. 13). Le tableau est fixé. A ces normes qu'ils récusent, les participants du symposium substituent bien vite un autre dogme : pas de plus grand péché que de mettre au monde un enfant non-désiré. A l'heure où l'Etat et les ONGs se substituent de plus en plus fréquemment aux parents qu'ils évincent, dans l'éducation sexuelle des adolescents même, il est vital de comprendre, pour savoir réagir, d'une part les fins qui les animent, et d'autre part la rhétorique dont ils usent pour annihiler toute résistance. Au chapitre des fins, la clinique (scolaire ou non, lourdement médicalisée dans les pays développés ou informelle dans les autres pays) dispensant à la fois "conseils" et moyens contraceptifs et abortifs, occupe le premier rang ("Aux activités de conseil et de soutien psycho-social et à l'éducation doit s'ajouter la prestation de services contraceptifs : ce principe est à la base même de tout programme efficace à destination des jeunes" p. 20. "L'accessibilité à la pilule du lendemain a également été considérée comme une composante importante de services exhaustifs à destination des jeunes" p. 21). La possibilité de court-circuiter "le contrôle rigide" des parents (p. 23) est également un objectif essentiel. Enfin, la propagande doit être la plus précoce possible ("l'éducation sexuelle devrait commencer très tôt, à l'école primaire" p.35). Au chapitre de la rhétorique, on retrouve les sempiternelles "vies menacées par une grossesse précoce ou un avortement à risque" (p. 21), "approche moralisatrice" (p.33) "Trop souvent, on place les jeunes dans la position d'obéir, plutôt que de prendre des décisions par eux-mêmes" (p.32) "apprendre à traiter les problèmes sans porter de jugement" (p.33) "Donner aux jeunes le pouvoir de décider selon leur besoin" (p. 35) "problème que constitue la multiplication des grossesses précoces" (p.41) "Censure émanant de l'opposition conservatrice" (p. 42) "Reconnaître leurs droits en matière de reproduction" (p.43). On notera que la volonté affichée de laisser les adolescents décider par eux-mêmes n'est qu'un masque, un alibi à sens unique, qui cache une autre coercition : "Il importe de prendre des mesures efficaces pour persuader les jeunes sexuellement actifs de se protéger contre les risques de grossesse et de maladie" (IPPF, p. 42) ; "prôner un changement d'attitude" (évidemment qualifié de "positif" p. 88). On remarquera que l'analyse des situations n'est pas toujours fausse ("Beaucoup de jeunes femmes perçoivent leur premier contact sexuel et leur première grossesse comme un pas vers le mariage, la sécurité et un statut social enviable. Mais nombre de jeunes hommes, à l'inverse, multiplient les partenaires et considèrent les relations sexuelles comme temporaires, indifférents aux conséquences de leurs actes" p. 52). Il reste que les solutions proposées (propagande anti-conceptionnelle, promotion de tous les types de sexualité sans contrainte autre que le libre-choix) n'est probablement pas de nature à résoudre les problèmes. Les descriptions assez précises de certains programmes de l'IPPF justifient à elles seules la lecture de l'ouvrage. Difficile de ne pas frémir en pensant qu'une visite à la clinique locale du Planning Familial est organisée, en Colombie, par certaines écoles. Est-ce là ce que des parents attendent d'éducateurs ? Surprenant de voir également comment la filiale locale de l'IPPF ré-invente au Mexique les procédés chinois (rapports mensuels indiquant le nombre d'utilisateurs de méthodes contraceptives et jusqu'au nombre de "couple-années de protection" en cours). Certains éléments pourront aussi être repris avec avantage par le mouvement pro-vie, notamment une esquisse de méthodologie permettant d'évaluer les besoins des jeunes en matière d'éducation affective (p. 60). Enfin on notera au passage l'étonnante collaboration du Bureau Mondial du Scoutisme avec l'IPPF dans un projet de "réseau de jeunesse sur la santé reproductive" au Sénégal (p. 77). |
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