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Notices bibliographiques

Love one another. Psychological aspects of natural family planning

John Marshal, 1995

Shard & Ward, London
122 p. 90 F

A l'occasion du trentième anniversaire d'Humanae vitae, il est intéressant de de pencher sur le type de critiques que l'encyclique continue de susciter. Love one another en est un exemple typique.
De fait, comment démolir habilement les Méthodes Naturelles de Planification familiale (NFP) ?
1 faites appel à un «expert», de préférence catholique !
2 compilez un ensemble de témoignages de couples déçus par ces méthodes.
Love one another n’est rien d’autre.
Son auteur, ayant participé aux commissions mises en place par Paul VI avant la rédaction définitive d’Humanae vitae, furieux de n’avoir pas été écouté, règle ses comptes avec l’Eglise catholique.
Mais le venin n’est distillé qu’au comptegoutte.
D’abord, une impression désagréable. Dès la page 16, on acquiert la certitude que l’auteur ne connaît pas vraiment la méthode Billings, qu’il décrit de manière erronée.
A la page suivante, Marshall inverse de manière inacceptable la notion d’échec contraceptif, estimant que les cas où les couples ne respectent pas les règles d’une méthode de NFP devraient être comptabilisés comme des échecs de la méthode une affirmation qui reviendrait à inclure les femmes abandonnant la pilule dans la catégorie des échecs de cette méthode. Un peu plus loin (p.31), l’auteur met en balance sur le plan de la satisfaction qu’elles apportent aux couples, des méthodes de NFP et des méthodes abortives sans même mentionner qu’elles le sont.
Un bon tiers de l’ouvrage tourne autour de l’abstinence, une véritable obsession. Le témoignage rapporté page 72 laisse pantois : «[A cause de la nécessité de s’abstenir en période féconde,] je ne peux pas toujours fêter les anniversaires, les fêtes ou Noël par une relation sexuelle».... Fautil s’étonner que l’auteur, considérant les NFP, non pas comme un outil s’intégrant dans un style de vie qui tend à remettre toutes choses (en particulier les relations sexuelles) à leur juste place, mais comme une vulgaire méthode contraceptive n’ayant d’autre but que d’éviter une grossesse, n’y trouve qu’à médire ?
Les procédés dialectiques atteignent leur comble au chapitre 7. Non seulement la pilule «contraceptive» y est décrite avec complaisance, mais la description est associée à un témoignage laissant entendre que l’emploi des NFP détruit l’affection d’un couple témoignage que l’auteur s’est bien gardé de contrebalancer par ceux qu’il aurait pu recueillir de couples détruits par la pilule. Au demeurant, l’auteur exhibe avec empressement moult témoignages de couples ayant abandonné les NFP au profit de la pilule, mais aucun témoignage inverse. Peuton réellement croire qu’en 40 ans de conseil conjugal il n’ait reçu aucune confidence dans ce sens ?
Le glissement est progressif et quasi imperceptible, mais réel. Au fur et à mesure que passent les pages, se multiplient les témoignages de gens «heureux» d’avoir abandonné les NFP, au point que nul n’est plus surpris lorsque l’auteur propose SA solution (p. 98) : changer l’enseignement moral de l’Eglise pour autoriser l’usage du préservatif ou du diaphragme combinés avec les NFP ! C’est certainement beaucoup plus facile qu’éduquer à l’abstinence, mais aussi tout à fait logique : si l'on traite les NFP comme de vulgaires contraceptifs, il n'est effectivement pas difficile de montrer qu’il n’existe aucune différence morale entre les deux types de méthodes (chapitre 12) !
La page 103 voit réapparaître l’argument éculé sur l’artificiel et le naturel. Pour Marshall, il y a belle lurette que l’homme ne vit plus de façon naturelle : puisque l’Eglise n’a rien trouvé à redire contre l’usage de maisons ou d’habits artificiels, pourquoi s'oppose-t-elle aux contraceptifs ? Mais c’est évidemment jouer les naïfs que de feindre de ne pas voir que là où un toit ou des habits favorisent l’exercice des fonctions naturelles en favorisant la vie, la contraception, à l’inverse, n’a pas d’autres buts que de bloquer et empêcher l’exercice d’une fonction naturelle et la transmission de la vie.
Le dernier chapitre est pour sa part violemment anticlérical. L'auteur, frustré de la décision finale de Paul VI concernant les travaux de la commission chargée de préparer Humanae vitae, y fait même une description élogieuse des pionniers du «birth control», pauvres philantropes persécutés par l’Eglise.
L’ensemble de l’ouvrage n’est appuyé par aucune bibliographie absence autorisant les affirmations les plus intempestives.

En quoi un tel ouvrage peutil intéresser un militant provie ?
D’une part, les témoignages rassemblés, bien que résultant d’un choix partial, ne sauraient être éludés. Ils nous enseignent au moins ceci : l’abstinence demeure le point d’achoppement pour la promotion des NFP. Deux écueils semblent flagrants :
éluder les difficultés de l’abstinence dans la phase d’apprentissage des NFP;
présenter les NFP comme de simples méthodes contraceptives, l’inconvénient de l’abstinence en plus.
D'autre part, il constitue un exemple typique de manipulation et d'argumentation contre les NFP et mériterait à ce titre un dépouillement approfondi on ne peut bien combattre que ce que l’on connaît. Deux arguments en particulier méritent d'être débusqués :
celui selon lequel il existerait une incohérence interne entre la demande de l'Eglise de ne pas dissocier "sexualité et procréation" et son acceptation des relations sexuelles en dehors des périodes fécondes ;
celui selon lequel les couples n’utilisent pas avant tout l’acte sexuel dans un but procréateur mais dans un but relationnel.
Les deux arguments sont d'autant plus fallacieux qu'ils sont contradictoires : le premier feint de s'offusquer d'une prétendue opposition entre les deux finalités de l’acte conjugal (procréation et union des époux), tandis que l'autre exacerbe une opposition qui n'existe ni dans la réalité, ni dans la philosophie catholique.
La réponse est évidement le redressement d'une conception philosophique dualiste et faussée du corps et de l'âme.

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