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Debout les pères ! |
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Philippe OSWALD, 1996Sarment Fayard200 p. 75 FF |
A une époque où, la loi et les moeurs s’aidant mutuellement dans un cercle vicieux, la place du père au sein de la famille tend tout simplement à disparaître, Philippe Oswald, propose aux pères un guide non pas de revendications négatives mais de devoirs positifs, et c’est là la qualité première de l’ouvrage. Le tout est essentiellement centré sur les relations père-enfant(s) : comment se préparer à la naissance, comment communiquer avec nos chères têtes blondes ou comment garder son calme face à de déroutants adolescents. L’ensemble procède d’une présomption : que le père n’a perdu sa place que de son plein gré, par démission (d’où le titre). Philippe Oswald, lui même père de sept enfants, n’offre par conséquent au lecteur guère d’indication sur la manière d’être reconnu père par l’épouse. C’est pourtant probablement à ce niveau que se situe bon nombre des problèmes rencontrés par les pères actuels. La paternité n’est pas seulement, à notre sens, une question de relation à l’enfant mais un espace dans une relation triangulaire incluant la mère, voire les autres membres de la société (amis, relations professionnelles, etc.) qui sont trop absents ici. Corrolaire de ceci : ce qui est dit de la relation père-enfant reste généralement vrai de la relation mère-enfant, si bien que le guide aurait très bien pu s’intituler «Debout les parents !». Il n’en demeure pas moins rempli d’humour et de conseils judicieux, déservis malheureusement par un style d’écriture un peu épais mais réhaussé et aéré par quelques illustrations de Brunor, bien connu des lecteurs de Famille Chrétienne, dont Philippe Oswald est directeur de rédaction. Ce guide mélangeant deux styles : direct («NOUS autres les pères ...», «Quand VOTRE enfant vient vous voir ...») et indirect («le type immortel DU père...», «LES parents qui ...», «l’image qu’UN fils garde de SON père ...») est globalement difficile à appréhender : faut-il l’offrir à un adolescent qui envisage un mariage lointain (certaines généralités le laissent à penser), à un jeune époux avant la naissance du premier enfant (une bonne partie de l’ouvrage traitant de l’accueil du premier enfant, nous pencherions pour cette hypothèse) ou à un homme d’âge mûr ayant manqué à ses devoirs d’état paternels, pendant qu’il est encore temps ? Il est difficile de se prononcer définitivement. Peut-être a-t-il été voulu comme un compagnon à feuilleter de cinq ans en cinq ans tout au long de sa vie ? |
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