Jean Jacques ANTIER, 1994
Rocher
316 p. 149 FF

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En 1995, l’Université Alexis Carrel de Lyon était débaptisée en raison des thèses eugénistes de cette personnalité scientifique marquante de la première moitié de ce siècle.Prix Nobel 1912, inventeur de la suture vasculaire et du coeur artificiel, fondateur de la Fondation française (ancêtre du CNRS et de l’INED), agnostique malgré les miracles qu’il observe à Lourdes et relate en pleine tourmente anticléricale, fasciné et accaparé à la fin de sa vie par la nécessaire réconciliation de la foi et de la science, Alexis Carrel fut un homme à la fois admiré et controversé, dont l’erreur fut d’adhérer aux thèses eugénistes de son temps. Selon Jean Jacques Antier, Carrel n’imagina qu’une euthanasie volontaire bien éloignée des pratiques nazies, et sa proposition d’élimination des criminels par le gaz ne serait qu’un substitut à la guillotine pour la peine de mort, largement admises à l’époque. Quoiqu'il en soit, il est certain qu’à l’instar de nombreux de nos contemporains, Alexis n’eut pas la clairvoyance d’esprit nécessaire pour comprendre que l’eugénisme est un fléau avec lequel il n’est pas d’accommodement possible, aussi minime soit-il.Comment un esprit aussi brillant en vint-il à accréditer (avec toute sa génération, car n’oublions pas que son ouvrage L’homme, cet inconnu fut un best-seller mondial) de telles thèses ? Alexis Carrel : la tentation de l’inconnu offre des réponses à cette question. Réponses qui permettent un peu de comprendre comment une autre génération, la nôtre, glisse elle aussi, insensiblement, sans s’en rendre compte, à coups de concessions (avortements thérapeutiques, euthanasie, etc.) dans l’eugénisme, et de trouver peut être des antidotes à cette dérive.Ecriture résolument favorable au célèbre savant, mais qui n’élude pas les déviations eugénistes dont il fit preuve.
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