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How the other half dies. The real reasons for World Hunger |
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Susan GEORGE, 1986Penguin (Londres), 1991351 p. £ 8 |
How the other half dies donne à lire un exemple typique de réaction tiers-mondiste et anti-libérale suscitée par les méthodes d'agri-business que les pays développés souhaiteraient souvent exporter dans les pays en voie de développement, sous couvert d'aide au développement. De telles réactions, alimentées jadis par un communisme militant (Susan George n'échappe pas à la règle et cite fréquemment des auteurs marxistes tel René Dumont) n'ont pas disparu :à Rome encore, à l'occasion du Sommet mondial de l'alimentation, litiges et confrontations entre les pays occidentaux et les pays les plus pauvres se sont cristalisés autour des notions de mondialisation des échanges agricoles, de barrières douanières et de protection des marchés vivriers locaux. Nous n'entrerons pas dans ce débat qui n'est pas du ressort de TransVIE, sinon pour signaler le chapitre 2 (15 pages sur 350) d'How the other half dies, chapitre intitulé The Population Myth. S'il fallait une preuve que les associations pro-vie ne sont pas les seuls corps de la société civile à réfuter et rejeter le mythe de la population, en voici une. Visiblement, les raisons sont tout autres : Susan George ne se base sur aucune considération morale et se prononce même (p. 66) en faveur de l'avortement légal. La description du contrôle des naissances en Chine est adoucie à un point méconnaissable (toujours ce vieux réflexe communiste : "ne désespérons pas Billancourt" !). En fait, si l'auteur réfute le mythe de la surpopulation, c'est uniquement pour le motif que, en résumé, "le meilleur contraceptif, c'est le développement". C'est bien le seul point sur lequel on peut la rejoindre dans ce chapitre, mais c'est mieux que rien. Derrière elle se profile en fait un vaste mouvement anti-malthusien qui mérite probablement une attention accrue de la part du mouvement pro-vie. Les associations pro-avortement recrutent essentiellement leurs troupes dans le vivier marxiste. Souligner l'incongruité de la participation de militants communistes à la défense d'intérêts typiques du libéralisme totalitaire (pour reprendre l'expression de Michel Schooyans) n'est peut-être pas inutile. Quoi qu'il en soit, seul un esprit mordu aura le courage de venir à bout des 350 pages d'How the other half dies, truffées d'expressions idiomatiques, nécessitant de ce fait une bonne connaissance de l'anglais et imprime de surcroit dans la plus petite taille de caractères qui puisse s'imaginer pour un livre qui n'est pas destiné à être lu à la loupe... Outre la mise en évidence d'incohérences (apparentes ?) dans l'attitude des mouvements communistes occidentaux vis-à-vis du contrôle des naissances, les associations pro-vie trouveront dans ce livre, par son chapitre 2, explication du ton qu'on rencontre dans certains groupes féministes d'Europe du Nord qui, quoique favorables à l'avortement, critique violemment certaines méthodes coercitives de contrôle des naissances. Un intérêt bien maigre qui ne justifie sans doute pas la dépense. |
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