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Questions de vie. Entre le savoir et l’opinion |
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Henri Atlan, Catherine Bousquet, 1994-04Seuil, Paris214 p. 120 FF |
Henri Atlan, médecin, biologiste, membre du Comité consultatif national d’éthique depuis sa création, est intérrogé librement par Catherine Bousquet, journaliste scientifique, au sujet des relations soevent conflictuelles entre savoir scientifique et opinion publique. Occasion pour Henri Atlan d’aborder (sans jamais les approfondir vraiment, étant donné le format bref des questions-réponses) quelques points de philosophie des sciences. Pas de quoi exciter l’attention : les questions sont souvent naïves et les réponses soporifiques. Tout au plus l’ouvrage permet-il de mieux cerner l’opinion d’un membre du Comité d’Ethique et, par conséquent, de mieux comprendre les avis publiés au fil des ans par cet organisme. Question de vie révèle un Henri Atlan favorable à l’usage de greffons extraits de foetus avortés, en cohérence avec sa vision de la personne humaine naissante : «Je pense, en ce qui me concerne, que dans l’embryon il n’y a pas d’enfant (mais un amas de cellules]» (p. 125). Favorable au diagnostic et au tri embryonnaire s’ensuivant (p. 116), selon la nouvelle définition de l’eugénisme réduit à la programmation de l’amélioration des gènes (l’élimination individuelle d’un handicapé ne serait pas de l’eugénisme, seule le serait la volonté collective d’améliorer les gènes de la population). Malthusien, plaçant la «surpopulation» au premier plan des problèmes de l’humanité (p.135). Mécaniste enfin, réduisant l’homme à un «automate spirituel» (p. 214). L’enseignement principal de l’ouvrage n’est pourtant peut-être pas là, mais peut résider dans un bref passage de la page 129, où Henri Atlan se prête à une caricature grossière de la position éthique de l’Eglise catholique, qu’il qualifie de «naturaliste». Or, à la date d’impression de l’ouvrage, Henri Atlan a cotoyé douze années durant, au sein du Comité d’éthique, le représentant officiel de l’Eglise catholique. Comment a-t-il pu, en douze années, ne retenir qu’une vision si étriquée et déformée de la philosophie de l’Eglise catholique en ce domaine ? La question mérite d’être posée. Car si on admet qu’Henri Atlan pense de bonne foi ce qu’il exprime, il faut alors en déduire : - soit que le Comité d’éthique n’est pas le lieu d’échange et de communication qu’il prétend être, puisque visiblement les points essentiels de doctrine et d’opinion réciproques y circulent très mal ; - soit que le représentant de l’Eglise catholique n’a pas fait ou su faire entendre et comprendre la voix de l’Eglise qu’il représente. Auquel cas la présence de l’Eglise catholique au sein du comité d’éthique serait moins que jamais justifiée, tant il est vrai que sa participation jusqu’à ce jour ne semble avoir surtout servi qu’à cautionner des avis qui, en fait, contredisent presque systématiquement son enseignement magistériel. |
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