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Population Matters. People Ressources, Environment and Immigration |
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SIMON Julian, 1990Transaction Publisher, New Brunswick, New Jersey 08903, USA577 pages |
La population mondiale s’accroît de 245 000 personnes chaque jour. Extraordinaire ! Nous devrions applaudir l’exploit de l’espèce humaine qui, par son intelligence, a su vaincre les périls qui hantaient nos lointains ancêtres terrés dans des grottes inhospitalières. Au lieu de cela, une vision malthusienne, pourtant constamment récusée par la réalité, nous remplit d’effroi à la lecture d’un tel chiffre. Faut-il que la propagande soit oppressante ! TransVIE lui-même ne parierait pas un sou sur le fait de pouvoir trouver parmi ses lecteurs 20% qui ne soient persuadés, au fond d’eux-mêmes, que 245 000 êtres humains de plus chaque jour, c’est résolument de trop - plus que ce que la terre peut supporter. Et pourtant, voilà bien là l’essence du malthusianisme : croire qu’un homme consomme plus de richesses qu’il n’en produit. Si nous avions le regard de Simon, nous devrions nous réjouir car chaque naissance apporte à terme un supplément de richesse à tout le genre humain. Julian Simon n’est pas né de la dernière pluie. Ce n’est pas non-plus un utopiste. Economiste, il a d’abord adhéré, dans les années 60, aux thèses malthusiennes, jusqu’à ce que ses travaux de recherche l’amènent à constater que celles-ci étaient systématiquement démenties par les faits économiques qu’il observait dans son métier. Depuis 1970, il s’est donc attelé à la tâche difficile et sans cesse renouvelée de réfutation scientifique des arguments malthusiens. Ses travaux ont été publiés dans toutes sortes de revues et quotidiens et jusque dans la prestigieuse revue Science. Ce sont ces articles, précédés d’une courte introduction, qu’il a compilés dans le présent ouvrage, aussi long que passionnant. Vous y apprendrez ce que vous pressentiez déjà, mais serez heureux de voir démontré clairement et chiffres à l’appui : - l’humanité ne s’est jamais aussi bien portée que depuis qu’elle est nombreuse (l’espérance de vie n’est-elle pas le meilleur indicateur de la richesse ?) ; - les métaux n’ont jamais été aussi bon marché (le prix n’est-il pas le meilleur indicateur de l’abondance et de la rareté ?) ; - la production d’aliment par habitant ne cesse de croître ; - la disparition des terres arables ou "d’1 millier d’espèces animales ou végétales chaque jour" n’a jamais pu être prouvée scientifiquement ; - etc. Surtout, vous verrez que la richesse ultime de l’humanité réside dans l’homme, par son intelligence et sa capacité à créer, à l’inverse des animaux, la richesse là où elle n’existait pas initialement. Vous apprendrez les arcanes du lobby américain du contrôle des naissances et l’histoire des rapports truqués sur l’état de la planète, qui ont dicté la politique extérieure américaine depuis 30 ans. Mais Julian ne s’arrête pas à un constat qui pourrait paraître optimiste. Il analyse aussi les raisons structurelles qui expliquent le malheur de tant de peuples tandis que l’état général s’améliore. Là, d’autres chiffres et raisonnements accusent le collectivisme et l’étatisation de la société. Julian Simon n’est pas marxiste, qu’on se le dise ! Pour lui, les organisations du lobby du contrôle des naissances (Planning Familial, Population Council, ...) sont, par essence, favorables au totalitarisme étatique. Enfin, et ce n’est pas là le point le moins intéressant du livre, Simon décortique les ressorts psychologiques humains profonds qui expliquent que nous ayons tendance à croire plus aisément les partisans de Malthus que ses opposants. Et ce qu’il y a de plus fort, c’est que Julian Simon n’est même pas opposé à l’avortement. Sa motivation pour dénoncer le contrôle des naissances n’est pas d’ordre idéologique, mais uniquement guidé par son souci de fidélité aux faits économiques. Anglophones, ne manquez pas l’occasion de vous laver les méninges avec une bouffée d’air frais anti-malthusien. Les bouffées d’air frais de cette qualité sont trop rares. Vous sortirez de cette lecture avec le tonus que vous n’auriez jamais dû perdre si vos quotidiens, votre radio et votre petit écran n’étaient remplis à crever de prophètes de malheur. L’avenir n’appartient pas à ceux qui s’auto-stérilisent, mais aux enfants des autres. Merci Julian de nous l’avoir rappelé ! |
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