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Notices bibliographiques

Bad Choices. A look inside Planned Parenthood

Douglas R. Scott, 1992

Legacy, Franklin, Tennessee (USA)
399 p.

Planned Parenthood (mot à mot «Parenté Planifiée», mieux connue en France sous le label «Planning Familial» du nom de sa filiale française Mouvement Français pour le Planning Familial) est la principale organisation promotrice de l’avortement et du contrôle des naissances. Officiellement la fédération américaine (PPFA, Planned Parenthood Federation of America) est une filiale de la Fédération Internationale du Planning Familial (IPPF, International Planned Parenthood Federation), mais en réalité, sur un plan chronologique, l’IPPF, fondée en 1952, n’est en réalité que l’extension internationale de la fédération américaine, née en 1915 sous le vocable de «The Birth Control League of America» (elle-même renommée «Birth Control Federation of America» en 1939). C’est en 1942, lorsque la notion de birth control commença à avoir mauvaise presse eut égard à l’application qui en fut faite par les nazis que la Ligue pris le nom de Fédération Américaine du Planning Familial (ci-après abrégée par PP) qu’elle a conservé jusqu’à ce jour.
Perçue dans une partie de l’opinion publique comme une organisation charitable , PP poursuit en réalité un programme dévastateur de contrôle des naissances, basé sur la stérilisation, la contraception et l’avortement, promu par une propagande effrenée favorisant la promiscuité sexuelle dont la seule immoralité serait de laisser un enfant venir au monde.
Un tel agenda n’aurait rien d’extraordinaire (de tous temps, et en ce siècle peut-être plus qu’en aucun autre, l’humanité a connu de dangereux illuminés prétendant remodeler la société) si PP n’avait fait preuve d’une habilité déconcertante pour s’allier la sympathie des médias, des instances politiques et parvenir ainsi, en moins d’un siècle, à influencer profondément les pensées, les attitudes, les comportements et les législations. Qui plus est, ces changements ont été dès l’origine judicieusement promus et financés sur le dos des contribuables, PP n’ayant guère d’équivalent lorsqu’il s’agit d’obtenir des subventions publiques.
Preuve de la maturité du mouvement pro-vie américain, un ensemble d’organisations, isolées ou coalisées, ont entrepris, dès la fin des années 70, d’étudier de près l’origine, les moyens et les buts de PP afin de pouvoir efficacement démystifier son image charitable, contrer ses offensives et mettre un terme au soutien financier que l’organisation reçoit, tant de la part de bailleurs de fonds institutionnels que de firmes commerciales et industrielles privées.
Blessed are the baren et Bad choices, écrits à la même date, répondent tous deux à cette logique, mais avec une approche différente.

Tous deux s’appuient sur une bibliographie abondante et référencée, essentiellement les propres publications de PP. Tous deux décrivent Margaret Sanger, la fondatrice, qui imprima à l’organisation sa vocation eugénique et malthusienne.Tous deux décrivent comment PP, loin de suivre l’évolution des moeurs, fut (et demeure plus que jamais) un lobby actif pour provoquer des changements dans un sens favorable à ses objectifs et ceci bien souvent contre le gré de ses victimes (et notamment des parents, PP ayant constamment combattu la protection parentale sur les mineures vis-à-vis de la sexualité, de l’usage de la contraception et de l’accès à l’avortement). Tous deux décrivent l’habilité de PP à diviser les églises et à les détourner à son profit (par exemple par le biais des catholiques dissidents) quand il ne lui suffit pas tout simplement d’agiter l’épouventail de la «séparation de l’Eglise et de l’Etat» (un thème qui n’a rien de franco-français) pour faire passer l’inacceptable. Tous deux, en montrant combien ces changements furent provoqués par une poignée d’hommes et de femmes décidés, offrent au lecteur pro-vie l’espoir ainsi que des idées pratiques permettant de défaire (ou plus exactement de reconstruire) ce qu’ils ont su faire. Toutefois, Bad choices va plus loin sur ce point puisqu’il décrit avec des détails utiles (en plus d’être passionnants) les contre-offensives du mouvement pro-vie américain contre PP sous l’ère Reagan-Bush (où l’on mesure l’importance du soutien gouvernemental). Bad choices va aussi plus loin dans l’analyse de la réthorique médiatique de PP et dans les suggestions sur la manière dont le mouvement pro-vie peut espérer, à son tour, comme PP voici 30 ans, s’allier les médias. Les deux ouvrages s’appuient sur des références bibliographiques américaines mais Bad choices se limite strictement à l’organisation Planned Parenthood, avec un chapitre sur l’IPPF, tandis que Blessed are the barren, qui omet l’IPPF, étend l’analyse à d’autres acteurs similaires tels que le SIECUS et le Population Council, et même expose les liens entre PP et l’industrie pornographique.
Dans l’ensemble, les auteurs des deux livres profitent de l’exposition des mensonges scientifiques et statistiques de l’IPPF pour rétablir la vérité, mais Blessed are the barren, du fait de ses plus nombreuses disgressions, convient mieux à un lecteur connaissant peu la situation et les acteurs américains sur le plan du respect de la vie. Si un choix doit être fait , nous conseillons en revanche aux lecteurs avertis Bad choices dont l’analyse est plus structurée, plus profonde et plus fructueuse en conseils.
Nous pourrions dire de Blessed are the barren qu’il raconte l’histoire du contrôle des naissances, de l’avortement, de l’éducation sexuelle à travers les écrits commentés (et réfutés quand nécessaire) de PP et (pour une grande part) de son satellite l’Alan Guttmacher Institute. Tandis que Bad choices constitue une somme de références inégalées sur PP, une analyse d’une rare accuité des processus judiciaires ayant abouti à la situation américaine actuelle et une évaluation cruciale sur les stratégies gagnantes (ou ayant au contraire fait la preuve de leur inefficacité voir même de leur contre-productivité) en matière de reconquête d’opinion. L’auteur y faire preuve d’une rigueur d’argumentation rare, excluant notamment tout parti pris confessionnel ou politique.
A noter dans Bad choice une explication approfondie de la décision Wevster vs. reproductive Health Services par laquelle la Cour suprême américaine, en 1989, tout en réaffirmant Roe vs. Wade et maintenant ainsi la situation d’avortement-sur-demande, réveilla le mouvement pro-avortement.
Douglas R. Scott dirige l’organisation Life Decision International conduisant des campagnes de boycott à l’encontre des firmes supportant PP.
Charles A. Donovan est membre dirigeant du Family Researche Council (Washington).
Robert G. Marshall est membre dirigeant de l’American Life League.
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