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Notices bibliographiques

Prescription : Medicide. Goodness of planned death (The)

Jack KEVORKIAN, 1991

Prometheus Books, USA
267 p.

Le célèbre Dr. Kevorkian, défrayant régulièrement la chronique pour s’être fait une spécialité d’aider chaque année une bonne dizaine de personnes à se suicider, n’est pas un médecin ordinaire. La passion de sa vie a été et demeure d’ériger la «thanatologie» ou encore le «médicide»(, c’est-à-dire la science de donner la mort de manière scientifique et programmée) au rang d’une discipline ordinaire de la médecine. C’est cette passion d’un genre délicat qu’expose candidement Kevorkian dans Prescription : Medicide, remontant à cet automne 1958 où le jeune diplômé eut l’idée d’entrer dans un pénitencier de l’Ohio pour interroger deux condamnés à mort sur leur opinion vis-à-vis d’une forme particulière de mise à mort : la vivisection à but scientifique. Au fil des pages, Kevorkian nous explique avec d’atroces détails les différentes formes de mises à mort pratiquées dans ce bas monde depuis que l’homme est homme (on notera en particulier quelques pages ... succulentes... de réflexions cliniques sur la durée durant laquelle le cerveau d’un guillotiné est susceptible de rester conscient), histoire probablement de nous faire adhérer à l’idée qu’une injection létale moderne n’est peut-être pas si mal ! L’idée générale de médicaliser et programmer la mort se cristallise chez Kevorkian sur quelques idées récurrentes :
- autoriser la vivisection, c’est-à-dire des recherches scientifiques, sur des malfrats condamnés à mort, spécialement endormis - sans espoir de réveil - à cet effet.
- permettre le prélèvement d’organes, de la même manière, sur des condamnés à mort.
- organiser l’aide au suicide.
Kevorkian s’étend d’ailleurs sur cette dernière lubie, en décrivant avec détails la mise au point de sa «machine à suicide» et sa première utilisation, sur Janet Adskin, le 4 juin 1990. L’ouvrage s’arrête à cette époque, mais l’auteur, profitant d’un vide juridique dans l’Oregon, poursuit aujourd’hui encore sa folle cavale, accumulant derrière lui les cadavres.
Si les lobbies pro-euthanasie américains ont appris au fil des ans à feindre d’ignorer ce personnage bruyant et gênant qui exprime tout haut les buts ultimes qu’ils essaient de maquiller sous des euphémismes politiquement plus subtils, Prescription : Medicide n’en reste pas moins un ouvrage historique sur les dérives de la culture de mort.On notera que l’auteur se réfère plusieurs fois à la légalisation de l’avortement pour réclamer celle de l’euthanasie.
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