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Notices bibliographiques

Avortement et la contraception en Russie et dans l’ex-URSS : histoire et présent (L')

Alexandre ADVEEV, Alain BLUM, Irina TROITSKAJA, 1993

INED
69 p.

Les trois auteurs ont profité de l’ouverture d’archives médicales soviétiques pour tenter de corriger et mettre à jour les données parcellaires parvenues en Occident sur l’avortement en URSS depuis la révolution d’octobre 1917.
L’intérêt essentiel réside dans un panorama historique de la politique soviétique en la matière, la compilation de tableaux statistiques jusqu’ici inconnus, et quelques découvertes intéressantes.
Le parti pris des auteurs laisse néanmoins dubitatif. Les données brutes sont manipulées dans un but idéologique clair - montrer que la contraception “moderne” est un moyen efficace, et le seul, de lutte contre l’avortement. Ce parti pris empêche les auteurs de remarquer que certaines républiques catholiques de l'ex-URSS sont parvenues à limiter l’avortement malgré ( ou grâce à ?) une moindre prévalence des contraceptifs “modernes” - le remarquer eut été reconnaître la vanité de le parti pris.
Plus grave : ne disposant pas de données statistiques suffisantes sur la prévalence contraceptive, les auteurs s’autorisent une évaluation dans laquelle intervient, de manière négative, le nombre d’avortements. Les auteurs constatent alors que l’accroissement de la prévalence contraceptive est corrélé avec une baisse des avortements - et pour cause ! Cette erreur grave de méthodologie entache l’ensemble de la thèse. On remarquera également une volonté non-dissimulée de prouver par tous les moyens que l’interdiction de l’avortement n’a aucun effet sur sa pratique. Ici encore, les auteurs, ne pouvant prouver leur hypothèse par les données brutes, vont se permettre de les corriger. Ils vont le faire à peu près de la même manière (erronée) que l’INED en 1967 à propos des avortements clandestins en France, c’est-à-dire à partir des admissions en hôpital pour avortements ratés. Les auteurs retiennent alors pour taux de séquelles de l’avortement clandestin entraînant la nécessité d’une admission à l’hôpital le chiffre exorbitant de 30 % ! On sait pourtant que les avortements clandestins étaient réalisés pour la plupart par des médecins avec les mêmes règles d’asepsie que les avortements légaux, mais de manière illégale. Un taux de séquelles de l’avortement clandestin de 30 % est donc sans fondement.
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