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Notices bibliographiques

Elles veulent un enfant

Muriel FLIS-TREVES, Préface de René FRYDMAN, 1998-09

Albin Michel, Paris
215 p. 98 FF

Que cet ouvrage soit préfacé par le Pr. René Frydman, père du premier “bébé-éprouvette” français (avec Jacques Testard) et champion de la dérégulation en matière de procréation médicalement assistée, n’est pas un hasard. Muriel Flis-Trèves, psychanalyste, travaille dans son service de fécondation in-vitro à l’accueil et au suivi des couples.
Elles veulent un enfant est donc un mélange de cas cliniques et de commentaires personnels de l’auteur, suivi d’une bibliographie non-exhaustive. Mais il s’agit aussi, l’auteur ne s’en défend pas, d’un plaidoyer manifeste en faveur des procréations médicalement assistées. Les ambiguïtés des demandes d’assistance médicale ou du désir d’enfant, les difficultés rencontrées par les couples au cours des procédures techniques ou les problèmes posés par la “réduction embryonnaire” (avortement sélectif de quelques membres d’une fratrie de jumeaux) sont évoqués, mais l’auteur ne remet jamais en question un postulat de base, selon lequel le “droit à l’enfant” est un absolu supérieur à toute considération morale. Le chapitre sur la “réduction embryonnaire” est exemplaire sur ce point. Du reste, l’auteur prend soin de ne jamais reconnaître l’humanité pleine et entière de l’embryon, sans quoi il est évident que l’ensemble de son approche psychanalytique - c’est-à-dire la distanciation vis-à-vis du couple patient - s’écroulerait. Aucun psychanalyste, aussi distant soit-il en raison de son métier, ne supporterait d’assister à la mise à mort d’un innocent à moins de ne l’avoir déshumanisé auparavant, et c’est bien l’attitude adoptée par Muriel Flis-Trèves qui prend soin de ne jamais se prononcer personnellement sur la nature ontologique de l’embryon ni du foetus.
On relèvera (p. 58) deux erreurs sur le plan de la théologie catholique - au demeurant très répandues dans la population et révélatrices des approximations et du manque d’enracinement conceptuel de l’auteur :
- une erreur sur le dogme de l’Immaculée Conception, décrit comme ayant trait à la conception virginale du Christ (“L’immaculée est celle qui conçoit sans être souillée par le péché”)- alors qu’il concerne l’exemption du péché originel dont bénéficie Marie.
- une erreur sur la nature du péché originel lui-même, confondu avec un péché sexuel (“le péché originel est péché sexuel”) alors qu’il s’agit d’un péché d’orgueil.
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