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Non ... à l’avortement |
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Ernest HUANT, 1971Tequi144 p. 15 FF |
Un ouvrage datant du tout début des années 70 ne présente plus guère d’intérêt argumentaire, non pas que l’avortement ait radicalement changé de nature, mais par ce que les termes de formulation du problème se sont déplacés. A titre d’exemple, la question des prostaglandines soulevée par le Dr. Huant a été complètement occultée et remplacée par celle du RU 486 - même si les prostaglandines restent abortives à certaines doses. C’est donc uniquement sur le plan historique que la relecture de l’ouvrage est utile. C’est même le meilleur moyen à notre connaissance (au-delà de la recherche et de la lecture fastidieuse des journaux d’époque) de se plonger dans l’atmosphère quasi insurrectionnelle (irruption de commandos du MLF dans les salles de conférences, avortements de provocation sur les places publiques,...), les débats d’idées et les débats politiques qui ont précédé le procès de Bobigny. De cette époque antérieure à la création de l’association Laissez-les-Vivre il n’existe en effet peu de traces écrites par des chroniqueurs pro-vie. Le Dr. Ernest Huant en est un, qui dirigeait à l’époque le Centre International Humanae vitae, une structure de lobbying assez souple. Son ouvrage se voulait avant tout une réponse argumentée à la proposition de loi Peyret. Il nous livre au passage d’intéressants commentaires sur les événements de son temps. Nous noterons notamment, à verser au dossier de l’eugénisme, que l’exposé des motifs de la proposition de loi Peyret regrettait que la proposition de légalisation de l’avortement dans le cas où les parents présenteraient des tares physiques ou mentales, non pas de celles qui seraient transmissibles à l’enfant, mais qui risqueraient simplement de les rendre «inaptes à assurer convenablement l’entretien et l’éducation de leur futur enfant» (un motif défendu par l’Association pour l’avortement dont le projet Peyret reprenait les propositions) ait dû être abandonnée parce que «des divergences très considérables se sont exprimées qui ont pu convaincre le groupe d’étude qu’il était, au moins pour l’instant, tout à fait prématuré d’essayer de les réduire à un dénominateur commun» (souligné par Huant). Une lecture rapide, facile et judicieuse pour les nouvelles générations qui trouveront à bon compte (le titre est toujours disponible chez l’éditeur, à son prix d’origine) le moyen de se plonger dans une histoire qui, par bien des aspects, explique la situation présente. |
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