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En attendant bébé |
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Claudie LEPAGE, Fanchon PAGES, 199xParents/Mercure de France510 p. 159 FF |
Malgré la dénatalité les guides desti nés aux femmes enceintes sont légions. On chercherait longtemps, néanmoins, un guide grossesse qui réponde totalement à l’éthique du respect de la vie. Sans doute y a-t-il ici un champ d’activité encore vierge pour le mouvement pro-vie. Quoi qu’il en soit, le livre En attendant bébé est régulièrement mis à jour et figure dans nombre de librairies. Qui plus est, il ne possède pas que des défauts. La première de ses qualités est de situer honnêtement le commencement de la vie humaine là où il se trouve, c’est-à-dire à la fécondation. Cela est rappelé notamment dans la préface du Pr. Robert DEBRE, datant de la première édition, celle de 1973, qui n’hésite pas non plus à préciser que «tâcher de faire vivre dans les conditions de développement les meilleures le foetus et l’embryon est un devoir impérieux. En un mot l’être humain en voie de formation nous est infiniment précieux; le tuer, même lorsqu’il vient de commencer son existence, est la marque d’une régression vers la sauvagerie» (mais le témoignage est aussitôt suivi de celui de sa petite fille qui rappelle que son grand-père était favorable à l’avortement des enfants handicapés...). Nous n’échappons pas aux poncifs habituels du genre dans les chapitres consacrés à la relation sexuelle, à l’amour pendant la grossesse, aux maladies vénériennes, au diagnostic anténatal (où on lit que l’exigence de tout couple à avoir un enfant normal est justifiée...), mais la description du développement foetal n’appelle guère de remarques désobligeantes. Il en va autrement du chapitre consacré aux fécondations in-vitro, présentées sous un jour idylique, et de celui consacré au «contrôle des naissances». En tout premier lieu, le principe même d’insérer dans un livre intitulé «En attendant bébé» un chapitre consacré aux moyens visant à empêcher la venue d’un enfant est complètement absurde. En second lieu, on retrouve les descriptions édulcorées du fonctionnement du stérilet et de la «pilule», sans compter l’absence de toute indication morale. C’est ici néanmoins que l’on trouve la deuxième bonne surprise, avec une description correcte des différentes méthodes naturelles de régulation des naissances, mises à pied d’égalité avec les méthodes chimiques. Il est même explicitement précisé que «les trois dernières méthodes [températures, Billings, Keef], bien utilisées par des couples motivés, ont une efficacité excellente. L’observation d’au moins deux signes physiologiques précis (température + glaire ou température + col) permet de garantir un taux de réussite excellent (1 % d’échec simplement)». On remarquera toutefois que même en cela, le livre reste marqué par une empreinte contraceptive, puisque la «réussite», c’est de ne pas avoir d’enfant, et «l’échec», c’est d’en avoir un ... Enfin, on s’interrogera sur les motifs qui ont poussé les auteurs à introduire un chapitre consacré aux origines préhistoriques de l’homme ! Précisons que les derniers chapitres s’intéressent aux premières années de l’enfant, dont ils constituent en quelque sorte un guide de puériculture. Du bon et du mauvais. Des lecteurs avertis sauront trier le bon grain de l’ivraie. Mais il paraît difficile d’offrir un tel livre à autrui, sinon assorti d’avertissements. Il paraît déraisonnable, surtout, de le laisser traîner à portée de mains d’enfants ou d’adolescents. |
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