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Beyond abortion : a chronicle of fetal experimention |
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RINI Suzanne M., 1988Magnificat Press, New Jersey$ 7.95. 186 p |
Beyond abortion («Au-delà de l’avortement : chronique de l’expérimentation foetale») est l’exemple antithétique de ce qu’aurait pu être le livre de Jacquinot et Delaye, avec un peu d’effort : un ouvrage très documenté, précis et utile. Faut-il voir ici une marque de la supériorité du journalisme d’investigation anglo-saxon ? Toujours est-il que, journaliste comme Delaye, Suzanne M. Rini ne s’est pas contentée de rapporter comme lui quelques coupures de presse. Elle s’est donné la peine de mener une véritable enquête bien plus exhaustive. Elle s’est donné la peine de classer les différentes utilisations des foetus, selon qu’il s’agisse de tester in-utero des substances sur des foetus vivants avortés par la suite, qu’il s’agisse d’utiliser des foetus vivants ex-utero, issus d’avortements tardifs, qu’il s’agisse d’utiliser des foetus morts, issus d’avortements provoqués, qu’il s’agisse d’utiliser des organes moissonnés sur des foetus avortés ou enfin qu’il s’agisse de tester directement sur l’enfant à naître des techniques non-destructives mais non testées au préalable sur l’animal (cas de l’amniocentèse). Elle s’est donné la peine de remonter directement aux sources : les 25 expérimentations sur le foetus décrites le sont à partir des articles publiés par leurs auteurs dans les revues contrôlées par leurs pairs, telles que le American Journal of Obstetrics and Gynecology. Certaines, regroupées dans le second chapitre («un catalogue des utilisations de foetus») sont insuportables. En 1983, Bela RESCH et Julius PAPP décrivirent sans ambage comment ils testèrent l’effet cardiaque de la caféine en plaçant dans un bain thermostatique le coeur battant de foetus disséqués vivants après avortements par césarienne.... L’intérêt essentiel du livre de Suzanne Rini ne réside pourtant pas seulement dans l’exactitude des faits et le respect des normes bibliographiques. L’auteur procède à une véritable analyse des ressorts idéologiques et des sophismes masquant l’immoralité de l’expérimentation sur le foetus (sophismes du genre «les embryons sacrifiés d’aujourd’hui permettront aux embryons de demain de survivre», une phrase que personne n’accepterait si elle était transposée sur des adultes). Elle décrit le cadre légal américain (qui a assez peu évolué depuis, sinon par la levée par Bill Clinton du ban sur l’utilisation des fonds fédéraux pour l’expérimentation foetale - ban rétabli début 96) et procède à une analyse remarquable de l’abandon progressif du foetus comme patient (chapitre 5) et son utilisation progressive comme objet, l’évènement-charnière étant constitué par la légalisation de l’avortement. Suzanne Rini a très bien perçu que l’apathie de l’opinion publique face au problème de l’expérimentation sur le foetus réside dans le mensonge, répandu par les équipes de recherches et admis naïvement, selon lequel les foetus seraient morts au moment de l’avortement, et qu’il n’y aurait aucune connection entre le médecin qui avorte et le chercheur qui expérimente. Elle consacre donc un chapitre entier à réfuter ce mythe, à partir de témoignages et de descriptions sans équivoques sur les méthodes d’avortement (hystérotomie, prostaglandines) choisies pour produire des foetus vivants et répondant aux critères exigés pour l’expérimentation. S’éloignant de son sujet, elle consacre enfin un chapitre à «l’extermination de l’enfant handicapé», avec l’introduction progressive de politiques eugénistes visant leur extermination en masse, et la récente résurgence des calculs coûts/bénéfices des diagnostics prénataux suivis d’avortements. L’un des intérêts du livre, et non des moindre réside enfin dans les deux annexes qui rapportent deux conférences, l’une du Pr. Lejeune, l’autre du Pr. Liley, le père de la foetologie, décédé en 1983. Celle du Pr. Lejeune, datant de 1969, plus technique, moins philosophique et moins concise dans son expression que les dernières conférences du célèbre chercheur, dévoile à posteriori une facette ancienne de sa personnalité et de son évolution spirituelle jusqu’à son décès prématuré. Celle du Pr. Liley constitue une merveille de douceur et de beauté dans la description de «la journée ordinaire d’un foetus ordinaire». Vous apprendrez notamment comment, pour se retourner dans le ventre maternel, compressé par les parois utérines, l’enfant utilise une technique de flexion à 180° de la colonne vertébrale qu’aucun adulte, aussi prétentieux soit-il à propos de sa soi-disante supériorité, n’est capable de reproduire. Ou encore que la capacité gustative (la densité de bulbes gustatifs sur la langue) est supérieure chez l’enfant à naître que chez n’importe quel enfant ou adulte. Beyond abortion n’est pas seulement un bon livre anglophone sur l’expérimentation foetale. Il mériterait d’être traduit, de figurer dans toute bibliothèque pro-vie et en tout cas d’être imité dans son sérieux, sa rigueur et son exhaustivité. |
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