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The rising price of love. The true cost of the sexual revolution |
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DIXON Patrick, 1995Holder & Stoughton, Londres248 p. £ 7 |
Cet ouvrage de langue anglaise mérite un détour. Pour la première fois, à notre connaissance, un médecin (qui plus est se trouve être responsable d’une unité de soins et d’éducation pour malades atteints du SIDA) tente de chiffrer le prix de la révolution sexuelle : coûts des traitements des MST (maladies sexuellement transmissibles), coûts des politiques de prévention (coût en salariaux des travailleurs sociaux et conseillers conjugaux), coûts des divorces (frais de justice, absentéisme, frais de logements supplémentaires), coûts sociaux divers (vandalisme, soutien scolaire rendu nécessaire par la dégradation des familles, ...). Le total importe peu : plus que le résultat chiffré (72 milliards de francs par an de coût de la révolution sexuelle pour le Royaume-Uni, ce qui n’est déjà pas rien, mais probablement en-deça de la réalité), c’est la méthode qui mérite notre attention. Une majeure partie du livre est consacrée à une description qualitative des conséquences désastreuses de la révolution sexuelle et de son cortège de divorces et de misères. La partie quantitative, où chaque élément chiffrable est étudié un à un, ne représente qu’un 10e de l’ouvrage. Mais c’est assurément le plus étonnant d’un point de vue méthodologique, même si les lecteurs francophones regretteront que seuls les exemples du Royaume-Uni et des Etats-Unis aient été considérés. Rien n’empêche les mécontents, au demeurant, d’utiliser la méthode pour calculer ces mêmes coûts sociaux en Suisse, en Belgique, au Québec, au Luxembourg ou en France. Accessoirement, l’ouvrage du dr. Patrick Dixon fourmille de remarques intéressantes, telles que celles-ci : les couples ayant cohabités ont 60 % de risques de plus que les autres de divorcer dans les 10 ans suivant leur mariage ; le nombre de personnes atteintes de maladies vénériennes a augmenté de 35 % par an entre 81 et 86 au Royaume-Uni ; le nombre de divorces est passé de 80 000 en 1971 à 157 000 en 1981; le nombre d’enfants de moins de 10 ans admis en hôpital psychiatrique a doublé entre 1986 et 1991; ou encore les enfants nés hors mariage présentent 10 mois de retard dans l’apprentissage de la lecture. Le dernier chapitre (10 solutions proposées aux gouvernements et aux hommes de bonne volonté) est décevant ; les solutions proposées ne nous semblent pas à la hauteur du problème décrit dans les neuf premiers paragraphes. Mais The rising price of love reste un ouvrage qui fera date, ne serait-ce que par ses quelques 538 références bibliographiques, se rapportant pour la majorité d’entre elles à des revues scientifiques faisant référence dans les domaines médicaux ou sociaux, ainsi qu’à des articles de la grande presse nationale anglaise. |
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