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Aborted women, silent no more. Twenty women share their personal journeys from the tragedy of abortion to restored wholeness |
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REARDON David C., 1987Crossway Books, Good News Publishers Westchester, Illinois 60154, USA373 p. |
Etude des conséquences de l’avortement sur la femme. L’auteur a délibérément choisi de ne pas parler de l’enfant à naître, ni par conséquent de l’aspect moral ou spirituel de l’avortement (bien qu’on devine assez aisément les opinions pro-vie et chrétiennes de l’auteur). Plutôt, il s’est attaché à présenter l’effet dévastateur de l’avortement sur les femmes, les familles, les frères et soeurs de l’enfant avorté. Il s’est pour cela appuyé sur un nombre important de travaux : - une enquête réalisée par l’association américaine WEBA auprès de 252 de ses membres. WEBA (Les Femmes Exploitées Par l’Avortement), rassemble plusieurs dizaines de milliers de femmes ayant vécu l’avortement et s’entraidant pour guérir de ses séquelles physiques et psychologiques. L’enquête porte sur un échantillon représentatif des femmes américaines, à l’exception d’une maturité plus grande vis-à-vis de l’avortement, l’adhésion à l’association supposant qu’elles aient reconnu intérieurement cet acte comme une source de séquelles pour elles-mêmes. - une multitude de travaux médicaux portant sur les conséquences physiques et psychiatriques de l’avortement ; travaux menés tant par des partisans de l’avortement que par des opposants. - les statistiques officielles américaines (et quelques-unes étrangères, pour comparaisons). Les citations sont toutes référencées, mais on peut regretter le caractère incomplet de certaines références. Quoi qu’il en soit, le bilan est accablant pour l’avortement, à un point tel que l’auteur, et avec lui 90% des femmes de WEBA, conclue que même en l’absence de toute considération pour l’enfant, les conséquences physiques et psychiatriques de l’avortement sur la femme et son entourage justifient à elles seules l’abolition de l’avortement, excepté pour sauver la vie de la mère. Un chapitre particulièrement intéressant traite des “cas difficiles” (viol, enfant à naître handicapé, inceste), si souvent éludés dans les autres livres sur l’avortement. L’idée de l’auteur est simple et formelle : les études montrent que les femmes déjà psychologiquement fragiles sont celles sur lesquelles l’avortement laisse le plus de séquelles psychiques (femmes indécises, perturbées, violées, soumises à des relations incestueuses, ou considérant l’avortement sous la pression des évènements, de la pauvreté, du mari, du médecin ayant détecté une anomalie foetale,...). A l’inverse les femmes “libérées”, volontaristes, choisissant l’avortement de plein gré, pour convenance sont les moins exposées aux séquelles de l’avortement (l’auteur ne niant pas que leur cuirasse puisse provenir de traumatismes antérieurs encore plus difficiles à guérir). L’auteur arrive à la conclusion que les cas où l’avortement est le plus universellement reconnu comme envisageable (viol, inceste, handicap) sont ceux où il faut l’éviter à tout prix, dans l’intérêt même de la femme. Un livre extrêmement original donc, dont la valeur réside dans l’objectivité, l’auteur ayant pris soin de ne discuter que de faits, études et statistiques, éludant toute question morale abstraite (sans en réfuter l’intérêt, par ailleurs). La succession aride des études et statistiques est compensée par une intercalation à intervalle régulier de 20 témoignages assez complets de femmes ayant vécu l’avortement, témoignages ne prétendant pas à l’universalité, mais habillant de chair un solide squelette de chiffres. Le lecteur européen ne devra pas oublier que ce livre décrit : - une situation datant de la décennie 70, d’une part; - la situation américaine, d’autre part, caractérisée par un laissez-faire total en matière d’avortement depuis la décision de la Cour Suprême en 1973. Un ouvrage qui ne peut laisser indifférent, et mériterait assurément d’être traduit et rendu disponible en français, ou mieux, d’inspirer un travail semblable s’appuyant sur la situation européenne. Compter une bonne vingtaine d’heures de lecture |
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